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dimanche 13 décembre 2015

Femme créatrice d'entreprise - Episode 6 : Rencontre avec Leslie de Sublima Créa Décoration




Les bonnes résolutions de fin d'année approchent avec leur lot de nouveaux départs, sauts dans le grand bain, lancements de nouvelles marques et tutti quanti ! Le moment est donc particulièrement bien choisi pour marquer le grand retour de la rubrique à succès "Les femmes créatrices d'entreprise". Aujourd'hui, nous rencontrons la jeune entrepreneuse Leslie qui présente son activité de Création et son univers.


1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis une jeune femme créative et passionnée qui apprécie les joies simples de la vie.
 
2. Peux-tu présenter ton activité et ta société ?
Sublima Créa Décoration est spécialisée dans la création événementielle, artistique et personnalisée. Lors de mariages, baptêmes/naissances, anniversaires je crée des univers de décoration tels que des urnes de mariage par exemple ou encore des plans de table, selon le thème choisi. Chaque création faite à la main représente une pièce unique. Le domaine artistique repose sur des oeuvres destinées à être exposées en galeries, parmi elles, les bustes artistiques visent les boutiques de lingerie fine.

 3. Comment est née cette passion pour la Création ?
Attirée par l’univers des loisirs créatifs depuis l’enfance, j'exprime ma créativité au quotidien.
De nature assez coquette, j'ai toujours apprécié assortir mes accessoires avec ma garde-robe ou selon mon humeur du jour me fabriquer mes propres pochettes de soirée ou encore un porte-monnaie personnalisé. De même pour l'aspect artistique, il y a plusieurs années, je rêvais de m'offrir un superbe tableau que j'avais repéré sur internet mais à l'époque très jeune, je n'avais pas le budget suffisant alors je me suis dit : « Pourquoi pas le réaliser moi-même ?! » et c'est ainsi que j'ai conçu mon tout premier tableau artistique...

 4. Où trouves-tu l’inspiration ?
Je puise l'inspiration dans mon quotidien, aussi bien en chinant des matières qu'en feuilletant un magazine mais surtout en laissant libre cours à mon imagination.

 5. A qui s’adressent tes créations ?
Mes créations s'adressent principalement aux femmes (maroquinerie, accessoires déco) et aux enfants pour les goûters d'anniversaire, baptêmes et naissances. La gente masculine n'est pas pour autant lésée puisque j'ai déjà eu a leur confectionner des bracelets et cartes géantes personnalisées.

 6. Comment peut-on découvrir tes créations ?
On peut découvrir mon univers à travers ma page facebook et bientôt directement en ligne via mon site web : www.sublimacreadeco.fr qui sera disponible dans une dizaine de jours.
 
7. Peux-tu nous présenter ta dernière collection de maroquinerie à base de tissu wax ?
Ma dernière collection repose sur des accessoires de maroquinerie. J'ai sélectionné : porte-cartes, porte-chéquier et porte-monnaie, la panoplie complète de la fashion working-girl.
 





Ces accessoires sont fabriqués avec des matériaux de récupération cartonnés et solidifiés puis recouverts avec de la toile enduite de simili cuir crocodile, lézard ou autruche, de couleur noire, blanche ou camel. La touche wax donne du caractère à chaque création  et me fait voyager à travers ses coloris variés et agrémentés de doré...



 
 
8. Comment l’idée de création de ton entreprise a-t-elle été reçue par ton entourage ?
Dans l'ensemble le projet a été reçu de façon positive et encourageante. Mon entourage me connaît pour ma persévérance et ma détermination à toute épreuve. J'ai monté ma première structure à 25 ans, 9 ans après je retente l'expérience, donc ce n'était pas vraiment une surprise pour eux...

 
9. N’est-ce pas un peu effrayant de se lancer dans une telle aventure lorsque l’on a connu une vie professionnelle « stable » ?
Créer, c'est avant tout être libre et la notion de liberté pour moi n'a aucun prix. Se contenter et rester confinée dans sa zone de confort sans pour autant être épanouie ne me correspond pas du tout et c'est pour cette raison que j'ai décidé de me lancer dans l'aventure...

Ayant toujours été de nature ambitieuse je me devais d'agir et ainsi prendre en main mon avenir.

 
10. Quel est le Top 3 des satisfactions apportées par la création de sa propre entreprise ?
Le top 3 pour moi repose sur ces 3 aspects : autonomie, indépendance et bénéficier des fruits de sa propre production. C'est plus que gratifiant !

11. Quelles sont, selon toi, les principales difficultés liées à la création d'entreprise ?
 Les principales difficultés liées à la création d'entreprise, selon moi, reposent sur la difficile coordination entre les différents organismes qui nous aident à faire naître notre projet. En tant qu'autoentrepreneur, lorsque l'on déclare son activité, nous devons nous affilier, soit, à la Chambre du Commerce et de l'Industrie CCI soit à la Chambre des Métiers et de l'Artisanat CMA, puis au Centre des Formalités des Entreprises de la chambre dont on dépend. Lors des premiers échanges avec ces différents services, les explications n'étaient pas toujours claires et bien énoncées et j'ai été induite en erreur, ce qui m'a fait perdre du temps.
 

12. Comment as-tu pu t'affranchir de ces contraintes ?

Pour m'affranchir de ces barrières je me suis tout simplement rendue auprès des différents organismes afin de clarifier leurs interventions et que tout puisse rentrer dans l'ordre.

 
13. Comment fais-tu pour allier vie perso et vie pro ?Je travaille principalement depuis mon atelier qui se trouve au sein de mon domicile donc je parviens à combiner les deux sans trop de difficultés.

 
14. Quelles créations recommandes-tu pour les fêtes de fin d’année à venir ?
J'ai sorti la collection des accessoires de maroquinerie durant cette période afin de proposer à mes prospects des idées originales, utiles et "tendance" pour les fêtes de fin d'année.

 
 
 

 
Par ailleurs, j'expose actuellement mes créations jusqu'au 17 décembre au Salon des Artistes garennois. De quoi donner d'autres idées de cadeaux à offrir...


15. Quelles sont tes collections à venir ?
Durant toute l'année, je tiens un calendrier précis de janvier à décembre. Prochainement, je vais me consacrer à la partie événementielle avec les goûters d'anniversaire des enfants (décoration selon thème choisi, goûter, animation créative) puis j'enchaîne ensuite avec les créations personnalisées lors de la saison des mariages et en fin d'année je travaille la branche artistique en diversifiant mes oeuvres afin de les exposer en galeries. Cette roue artistique me permet de diversifier mes activités et d'éviter ainsi le train-train et les tâches chronophages.

 
16. Quels sont les projets de développement de ta société à court et moyen termes ?
 
A moyen terme et si mon planning me le permet j'explorerai probablement le domaine de la décoration d'intérieur avec une amie qui souhaite se lancer et associer ses compétences à ma touche créative et ainsi former une synergie productive...

Pour en savoir plus, consultez la page Facebook de Sublima Créa Décoration et bientôt directement le site de Sublima Créa Décoration.

Un grand merci à Leslie pour sa disponibilité et ses réponses qui pourront aider celles qui souhaitent se lancer !

dimanche 8 mars 2015

Parcours de femmes créatrices d’entreprise - Episode 5 : Rencontre avec June Shop


Crédits Photos : Aline Rabusseau

Il y a peu, en flânant dans les allées du Salon AfricaParis, j’ai été attirée par les créations originales et les couleurs chatoyantes du stand de la boutique June Shop. Après un échange agréable avec Nelly qui tient le stand, je repars avec une paire de boucles d’oreilles légères et finement waxées qui n’ont pas manqué de faire des ravages auprès des fashionistas qui m’entourent. Cela a fini d’éveiller ma curiosité sur cette marque créée par Nelly. C’est ainsi que quelques jours plus tard, je me suis retrouvée dans le douillet atelier June Shop pour en savoir plus sur cette créatrice d’entreprise.
Crédits Photos : Aline Rabusseau
 

1.       Pouvez-vous vous présenter et nous présenter June Shop ?

Je m’appelle Nelly Mbonou, j’ai 35 ans et je suis la créatrice de la marque de prêt-à-porter June Shop. J’ai créé le concept en 2001 en déposant le nom de la marque. Cependant, j’en vis et y travaille exclusivement depuis 2005.

Je suis née au Cameroun, j’ai grandi entre Paris et Yaoundé où vivent actuellement mes parents et pratiquement toute ma famille. L’idée de June Shop m’est venue car en France je ne trouvais pas de vêtements à mon goût mélangeant tissus africains et coupes modernes, des vêtements que j’aurais donc pu porter étudiante ou dans ma vie de jeune femme active mais également en toute saison, été comme hiver, pour aller danser, pour sortir ou encore pour aller à la fac.

2.       Avez-vous une formation de stylisme ?

Pas du tout. J’ai fait des études de lettres et de philosophie ainsi qu’un peu d’arts plastiques mais je n’ai pas de formation particulière dans le stylisme, j’ai évolué en autodidacte. Aujourd’hui, je me charge des prototypes et des pièces n°1 mais les séries sont produites au Cameroun dans un atelier responsable de Yaoundé.

Cet atelier que j’ai mis du temps à mettre en place dans un contexte compliqué accueille aujourd’hui 7 couturières. Toutes mes matières premières proviennent du Cameroun, les wax mais également les autres matières que j’utilise et avec lesquelles je mélange le wax comme le velours, le crêpe ou tout autre matériau (similicuir, jean, fournitures telles que les fermetures, etc). Je travaille notamment avec la CICAM, LA manufacture textile nationale[1], qui produit certes du wax mais également tout autre produit textile. Il était important pour moi d’exporter la culture mais aussi, à ma petite échelle, de participer à l’économie locale voire nationale en produisant toutes mes collections et créations là-bas.
 
Atelier June Shop - Crédits Photos : KKISS

[1]NDLR : Il est très rare pour un pays d’Afrique noire d’avoir des usines textiles et de ne pas dépendre exclusivement d’importations dans ce domaine, la CICAM est la seule société pour ce type de production au Cameroun.
  

3.       Avez-vous rencontré des difficultés particulières lors de la création de June Shop ?

Je n’ai pas eu de prêt bancaire et j’ai tout créé avec mes petites économies. En France, on ne prête pas aux créateurs. On prête aux innovateurs, à ceux qui ont quelque chose à breveter alors que moi j’étais dans le stylisme donc je n’inventais rien. Les banques, surtout à l’époque, étaient donc très sceptiques. En tant qu’autodidacte, se former toute seule ce n’est pas évident. Toutefois, c’est aussi une de mes forces car comme je n’étais pas dans un sérail, j’étais très ouverte d’esprit et avide d’expérimenter plein de choses. J’ai certes connu des difficultés mais comme pour toute activité entrepreneuriale. L’entreprenariat, c’est dur tout comme être indépendant mais c’est une question de caractère, il faut avoir plusieurs cordes à son arc, ce n’est pas évident mais c’est un choix que je ne regrette pas.

4.       Faites-vous du sur-mesure ?

Je décline tous mes modèles en petites séries du 34 au 50, mais quand un modèle est en rupture de stock ou qu’il n’y a plus la taille souhaitée, je peux faire du sur-mesure ; j’ai un panel de tissus, la cliente choisit son tissu et son assemblage, je peux même apporter de légères modifications du type longueur, boutonnage, etc ; et après un délai maximum d’1 mois, elle repart avec SA pièce unique ! Il n’y a que pour les robes de mariée que je fais un véritable travail de création en fonction des envies, de la morphologie mais aussi du budget de la future mariée.

5.       Quelle est la clientèle de June Shop ?

Aujourd’hui, je suis assez fière de ma clientèle. Elle a évolué avec moi, avec le temps, avec le marché. Quand j’ai commencé, la grande majorité de mes clientes était des Françaises blanches. Aujourd’hui, elle se compose d’un tiers de Françaises blanches, d’un tiers de Françaises d’origine caribéenne et d’un tiers de Françaises d’origine africaine âgées en moyenne de 25 à 40 ans. Il s’agit réellement d’une moyenne car ma cliente la plus âgée a 90 ans et la plus jeune a 15 ans.

Crédits Photos : Aline Rabusseau
Selon moi, la clientèle a évolué au gré de plusieurs facteurs dont :

-          L’augmentation du pouvoir d’achat avec une génération afro qui commence à accéder à des postes intéressants et possède donc un panier d’achat plus élevé dédié à la mode.

-          Les mutations sociales avec une population afro qui peut, si elle le souhaite, s’affirmer davantage dans ses origines et souffre de moins en moins de troubles au regard de cette question alors que la génération précédente souhaitait plus se fondre dans la masse notamment d’un point de vue vestimentaire. Les jeunes femmes assument plus leur identité et sont de moins en moins dans un mythe d’assimilation.

Je tente de créer des vêtements qui certes utilisent des tissus africains mais que l’on peut intégrer à une garde-robe contemporaine. Je ne prône pas le total look mais j’aime travailler sur des touches que l’on peut mixer à sa garde-robe. Les Caribéennes sont beaucoup plus nombreuses à porter du wax et  sont de plus en plus friandes de tissus africains alors qu’il y a quelques années c’était plutôt un rejet. En discutant et en voyant ma clientèle évoluer, je me rends compte que c’est également une question d’éducation un peu comme le rejet  du « parler créole ».

Crédits Photos : Aline Rabusseau
 
Cela étant dit, je travaille le wax comme n’importe quelle matière première. Ce n’est pas un geste politique mais cela a été compliqué de faire entendre aux gens que c’était une matière comme une autre. J’aime le travailler car j’aime les couleurs et le panel de motifs infini qu’il offre, c’est une  source inépuisable d’inspiration pour moi, même si j’ai beaucoup entendu et j’entends encore, « Vous, ça vous va bien parce que vous êtes comme ceci ou comme cela ». Il y a tellement de couleurs et de motifs différents que, comme pour une couleur de cheveux, il s’adapte à la carnation, à la morphologie de chacune. Tout le monde peut trouver un wax qui lui convienne donc j’essaie d’avoir un panel large en termes de motifs et de styles.
 
6.       Quel est le rythme de vos collections ?

Je fais deux collections par an, printemps/été et automne/hiver car s’agissant de prêt-à-porter, il est indispensable de coller au calendrier des saisons. Cependant, chaque mois, j’ai un réassort au regard de ce qui a bien marché. J’écoute également les clientes, certains modèles évoluent en fonction de leur rencontre avec le public ou parfois au sortir des modèles j’ai envie de les faire évoluer en changeant la matière par exemple. Ainsi, les perfectos ont été déclinés en cuir, en crêpes, en velours ou complètement en wax.

7.       Intéressez-vous au cas des Hommes ?

J’ai fait une collection Hommes il y a quelques années mais c’était surtout les femmes qui achetaient pour leurs hommes et nous savons toutes ce qui se passe avec les vêtements achetés pour nos hommes… Ils restent dans les placards et sont portés une fois pour dire « Ah, je l’ai mis ! ». Il y avait aussi des femmes qui achetaient car elles aimaient bien s’habiller plus ample. Toutefois, je m’amusais beaucoup moins en faisant des vêtements pour hommes. Par ailleurs, à titre personnel, je préfère les choses assez basiques pour les hommes type chemise, jean. Je ne souhaitais pas faire des choses avec trop de fioritures. Parfois, j’ai de la demande mais cela ne m’inspire pas plus que cela. Il m’arrive de le faire pour de occasions particulières telles que les mariages ou les cérémonies.

8.       Vous mettez en avant des mannequins très différents dans vos campagnes, de toutes ethnies, toutes morphologies, est-ce un de vos chevaux de bataille ?

Cela colle en fait à une réalité, surtout à Paris où l’on voit toutes sortes de beautés, d’origines. Pourtant le milieu de la mode ne montre qu’un type de personne. Je pense que c’est une des grandes richesses de la France  que d’avoir ce panel d’origines diverses formant une Nation.

C’est pour cela que je tiens à décliner mes vêtements du 34 au 50, du S au XL. Je sais que tout le monde n’a pas les mêmes critères de beauté féminins. En Afrique nous sommes souvent plus proches du 44 que du 34. La morphologie afro n’est pas la même que la morphologie européenne, je tente de proposer des coupes adaptées à toutes les morphologies, le but étant d’avoir une mode qui s’adapte à la femme et non l’inverse.

9.       Considérez-vous que le mode de production choisi s’inscrit dans un système gagnant-gagnant (gagnant pour les personnes travaillant à la production et gagnant pour votre clientèle) ?

Le prix moyen de mes pièces se situe entre 70 et 80 € allant du top à 40 € au manteau à 200 €. Ces prix avoisinent ceux de la grande distribution alors que dans ce cas il s’agit d’une production massive avec des matières de moins bonne qualité. Les gens commencent à comprendre que ce n’est pas le même type de production, les mêmes matériaux et le même service après-vente aussi car je m’occupe également des retouches.

Les ouvriers et ouvrières sont payés à la pièce,  un tee-shirt n’étant pas payé au même prix qu’une robe à volants. Ce n’est pas un système à la journée qui ne serait pas adapté à l’économie du pays et aux mentalités. C’est un système honnête des deux côtés. Cela permet également une certaine adaptabilité et une autonomie au niveau de l’atelier car je ne souhaitais pas que l’atelier soit complètement dépendant de mon activité. Les mois où c’est plus compliqué, il continue de fonctionner car une fois ma production achevée et sous réserve de validation préalable par mes soins, les ouvriers peuvent prendre d’autres commandes  et utiliser les machines, ce qui leur permet d’élever leur niveau de vie. Ainsi, en période de rentrée scolaire, l’atelier peut assurer la production des uniformes d’écoliers. L’atelier peut également travailler pour les créateurs qui n’ont pas de système de production. De cette manière, il vit en continue.

10.   Travaillez-vous seule ?

Oui. Ponctuellement, pour certains évènements, je sollicite des stagiaires ou je travaille en partenariats. Au lancement de la marque, nous étions deux associées. Nous avons arrêté notre collaboration en 2009. J’ai alors racheté les parts de mon associée.

A l’époque nous avions une boutique sous le cimetière Montmartre dans le 18ème que j’ai tenu pendant 6 ans. Après l’arrêt de notre collaboration, j’ai tenu la boutique pendant 2 ans encore mais la création, la boutique  et la vie de famille, c’était trop lourd. Lorsque mon fils a débuté l’école primaire, j’ai dû faire des choix. J’ai donc décidé de fermer la boutique afin d’avoir plus de temps pour lui et le suivre scolairement. C’est à ce moment que j’ai développé le site marchand, la distribution et l’export. J’ai transformé mon appartement afin de disposer d'une grande pièce pour recevoir tous les jours entre 10h et 19h30 des clientes, des partenaires, etc. J’ai complètement changé de mode de fonctionnement.

Atelier June Shop - Crédits Photos : KKISS
Atelier June Shop - Crédits Photos : KKISS
 
 
11.   Quel est le Top 3 des satisfactions apportées par la création de sa propre entreprise ?

- L’indépendance,
- Le fait d’être en perpétuel challenge, en créant ses propres règles,
- Le côté créatif et le fait d’être toujours en mouvement.

C’est un véritable luxe de vivre de ce que l’on aime, de ce que l’on a choisi mais contrairement à ce que l’on me dit souvent ce n’est pas de la chance mais le résultat d’un travail perpétuel. Le revers de la médaille, c’est qu’il n’y a pas de filets de sécurité, pas de congés maladie ou d’Assedic. En dépit de cela, si je devais m’arrêter de faire des vêtements, je remonterais certainement une autre structure car j’aime l’entreprenariat.

12.   Est-ce facile d’allier vie personnelle et vie professionnelle ?

Auparavant, je travaillais 7 jours / 7 jours sans vacances, c’était dur pour mon entourage. Il est indispensable d’avoir un entourage solide qui soit partie prenante dans l’entreprenariat, je pense notamment au conjoint car ce n’est pas évident d’être avec quelqu’un qui travaille 24H/24H. Il faut donc savoir se ménager des moments familiaux et amicaux de qualité même s’ils sont courts, c’est très important notamment pour les enfants. Mon fils est né là-dedans donc pour lui c’est un peu la normalité. Toutefois, j’explique toujours au corps enseignant ce que je fais afin qu’il comprenne notre rythme de vie.

J’ai cependant dû  me remettre en question en tant que femme pour ne pas impacter mon entourage par mon choix de vie. Après avoir fermé la boutique, j’ai mis 6 mois à trouver un bon rythme. Je n’aurais pas pu être épanouie si mon entourage proche ne l’était pas, il faut arriver à trouver un équilibre.

13.   Quelle est la personnalité qui vous inspire ?

Ma mère. Je ne suis pas du genre à admirer de grandes icônes. J’ai toujours connu ma mère en train de travailler, monter des affaires, élever ses 4 enfants, reprendre des études et s’adapter. Maintenant que je suis adulte, je me rends compte de tout le travail qu’elle a accompli. Je pense tenir d’elle cet esprit entrepreneurial.

14.   Quelles sont les pièces phares du moment chez June Shop ?

Je travaille beaucoup sur la réversibilité. Les manteaux réversibles et bi-matières ont bien fonctionné. Il y a également de nouveaux modèles qui sortiront en mars, j’ai notamment retravaillé le perfecto, un modèle que j’aime bien. Il y a aussi les vestes réversibles et les petites robes Babydoll. Le thème du nouveau lookbook sera Amazone.


Crédits Photos : Aline Rabusseau

 Crédits Photos : Aline Rabusseau


15.   Quels sont vos projets pour June Shop ?

Je souhaite continuer à me développer à l’export en trouvant de nouveaux points de vente car j’aimerais bien « lever le pied » pour pouvoir me consacrer à de nouveaux projets toujours liés à la création. June Shop est déjà distribué dans les Caraïbes (Guadeloupe, Jamaïque), à Miami, en Suisse, en Belgique et je suis en pourparlers à New York.  Je tente maintenant de trouver des points de vente fixes en Amérique Latine, notamment au Brésil et aux Etats-Unis. En fonction des pays, je m’adapte car la demande n’est pas la même au Japon et dans les Caraïbes par exemple. June Shop a donc notamment vocation à se développer à l'échelle internationale.

Un grand merci à Nelly pour sa disponibilité, son accueil et sa conviavilité. Vous pouvez découvrir toutes les Créations June Shop et la toute nouvelle Collection Amazone sur le site.

June Shop est aussi sur Instagram, Facebook et Twitter.
Si vous voulez participer à la vente privée du samedi 28 mars prochain, demander votre invitation via invitation@juneshop.net
Que le wax soit avec vous !


mercredi 25 juin 2014

Ma petite entreprise ne connait pas la crise – Parcours de femmes créatrices d’entreprise - Episode 2

Episode 2 – Caravan Shop
 

 
Nous poursuivons notre série de rencontres de femmes créatrices d’entreprise puisqu’il y a quelques jours nous avons découvert l’univers haut en couleurs d’Elisa, la créatrice du tout premier fashion truck de France : Caravan Shop.
Pour ce second portrait, nous nous sommes rendues à la REcyclerie, bar de quartier en plein air à Paris dans le 18ème (Gare Ornano) qui accueillait Elisa ce jour. Après avoir assisté aux manœuvres adroites d’Elisa pour garer son truck, nous l’avons soumise à notre interrogatoire en règle.

 
Le parcours : Comment est né Caravan Shop ? Comment t’est venue l’idée ?
J’ai grandi aux Etats-Unis pendant 7 ans lorsque j’étais enfant ce qui m’a beaucoup marquée. De retour en France, j’ai  fait des études artistiques aux Beaux-Arts avant de travailler à la télé pendant 14 ans en tant qu’intermittente du spectacle. Initialement, j’étais infographiste, je réalisais les éléments graphiques des émissions de télé.
Pour l’habillage de l’émission Tout le monde en parle, j’ai demandé à la Prod’ si je pouvais livrer la bande-éléments dans le car-régie car ce mot me faisait rêver. Je suis montée dans ce car et j’ai eu un choc esthétique. Je me suis dit « waouh, je veux travailler là-dedans ». Je me suis formée sur le tas au poste de scripte dans cette ruche chapeautée par la seule femme de l’équipe qui dirigeait tout cela de mains de maître.
J’ai ensuite occupé le poste de scripte pendant 12 ans. Poste très carré, impliquant la coordination de tous les techniciens sur un tournage, en somme le chef d’orchestre sur un direct ou une émission enregistrée. En 2011, en manque de créativité, j’ai décidé de faire une formation certifiante de conseillère en image à l’issue de laquelle on m’a demandé de rédiger un mémoire sur mes projets futurs. Je cherchais alors à développer un concept atypique, jamais vu en France, un concept store totalement différent me permettant de créer un univers, une bulle hors du temps. En surfant sur le net, je suis tombée sur le concept des fashion trucks qui ont émergé à New York en 2005. Cela rassemblait mes deux amours à savoir le camion et la mode. La mode car ma grand-mère était mannequin pour Madeleine Vionnet, aujourd’hui remise au goût du jour, et avait ouvert une boutique de prêt-à-porter à Versailles. Ma mère avait également une boutique de prêt-à-porter aux Etats-Unis.
J’ai fait ma dernière pige de scripte fin septembre 2012 et les statuts de la société datent de juillet 2012. Après 6 mois de chantier pour transformer un camping-car old school en petite boutique cosy et glamour, Caravan Shop est partie sur les routes à partir de mars 2013.
Comment concrétise-t-on financièrement et matériellement un tel projet ?
J’ai tout fait à l’envers. J’ai d’abord acheté le camion en tapant « camping-car vintage » sur Ebay et en y mettant toutes mes économies, à savoir 2 200 €. Heureusement que j’ai un mari adorable qui me suit sur ce projet depuis le début. Avec mon camion, mon métier de scripte et mes deux enfants puisque j’ai deux petites filles qui ont 5 et 9 ans, j’ai tapé sur internet « comment monter sa boîte à Saint-Denis », mon lieu d’habitation. J’ai découvert une association s’appelant la Miel qui m’a tout expliqué étape par étape : l’étude de marché, le business plan et ils m’ont mise en relation avec un organisme de financement. J’ai présenté mon projet devant une commission composée d’une vingtaine de professionnels et il a été validé. J’ai ainsi pu obtenir un prêt bancaire pour les travaux de transformation du camion ainsi qu’un prêt d’honneur à taux 0%, un accompagnement NACCRE car étant intermittente du spectacle je bénéficiais du statut de chômeuse et enfin un prêt d’aide à la création d’entreprise, ce qui m’a permis de démarrer mon affaire. 
Comment l’idée a-t-elle été reçue par ton entourage ? N’est-ce pas un peu effrayant de se lancer dans une telle aventure lorsque l’on a connu une vie professionnelle « stable » ?
Avec mon métier de scripte, je n’ai jamais connu la stabilité. J’étais missionnée la veille pour le lendemain. Je travaillais parfois jusqu’à minuit pour recommencer à 4h du matin le lendemain.
Par ailleurs, mon père est un entrepreneur casse-cou et preneur de risque, le schéma familial était plutôt propice à une telle entreprise. Cela ne les a pas du tout étonnés. Mon entourage est plutôt fier de moi et mon mari est totalement à fond sur le projet. J’ai été très bien entourée ce qui est très important.
Peux-tu nous expliquer le concept de Caravan Shop ? Où peut-on retrouver Caravan Shop ?
Caravan Shop est une boutique itinérante pour les femmes actives et urbaines qui n’ont pas le temps de faire du shopping et de s’occuper d’elles. Au départ, c’était vraiment destiné aux entreprises parce j’avais connu cette situation en tant que scripte en travaillant dans des zones excentrées avec des horaires compliqués. L’idée était de répondre aux besoins de ces femmes en leur proposant un service de shopping. Avec ma formation de conseillère en image, je pouvais également proposer un service de personal shopper.
La contrainte au début était de mettre en place un itinéraire régulier pour que les gens puissent me retrouver. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être au 104, un week-end par mois. Je fais également escale au Free-Market de Paname  que je fais à peu près tous les deux mois, le prochain étant en juillet au 6B  à Saint-Denis. Je travaille également avec une entreprise qui gère de grands sites industriels donc je me gare au pied de grandes entreprises telles que Canal+, Bouygues Télécom, Endemol, Club Med, Pierre et vacances, etc. Je propose aussi une boutique éphémère pour  deux hôtels dans Paris, le Belmont à Paris 16ème et l’hôtel Madison à Saint-Germain des Prés. Prochainement, je participerai aux soirées Trenty’s sur le roof-top du hall 7 de la Porte de Versailles dans la salle Electric Paris dans laquelle le camion prend place au milieu de la piste de danse.

 
 

Quel est le Top 3 des satisfactions apportées par la création de sa propre entreprise ?
1-      L’apprentissage,
2-      Les rencontres en ce qui me concerne avec les créateurs, entrepreneurs, etc car c’est important de se nourrir,
3-      L’apprentissage (rire)…oui car je fais quasiment tout, toute seule (communication sur les réseaux sociaux, etc).
Travailles-tu vraiment toute seule ? Est-ce viable sur le long terme ?
Oui, je travaille seule la plupart du temps. J’ai une stagiaire de temps en temps. Mon objectif est d’embaucher une personne à plein temps pour la comptabilité, le volet commercial, etc et une personne à mi-temps pour gérer la communication. J’aimerais également avoir des bureaux et une salle pour shooter.
Caravan Shop a-t-il des concurrents ?
Deux personnes se sont engouffrées dans la brèche. Au début, j’étais très sympathique, j’ai notamment expliqué à l’une d’entre elles toutes les ficelles pour créer l’entreprise et en retour elle a développé un concept quasi similaire reprenant le même camion, les mêmes fournisseurs, la même décoration (faux gazon, table de jardin, décoration intérieure). La concurrence ne me dérange pas mais il me semble indispensable que chacun ait sa propre identité.
Comment fais-tu pour allier vie perso et vie pro ?
Cela a toujours été le bazar dans mon organisation donc ça continue ! Je m’ennuierais si j’avais un boulot plan-plan. C’est compliqué, une vraie galère ! (avec le sourire).
C’est parfois difficile d’opérer une coupure nette entre vie pro et vie perso notamment lorsqu’on n’a pas de bureaux. Pour ces raisons, j’envisage d’intégrer une pépinière.
Comment effectues-tu ta sélection ? D’où viennent les vêtements et accessoires que tu proposes ?
Pour le prêt-à-porter, ce sont à 80% des vêtements d’occasion et 20% des petites séries mode du moment en neuf. En occasion, il y a des marques de toutes gammes avec des pièces allant du 36 au 42. J’ai un stock réduit mais à chaque sortie, il est renouvelé par les personnes qui déposent des vêtements d’occasion que je rachète. En haut de gamme, il s’agit par exemple de Maje, Sandro, The Kooples et en bas de gamme H&M, Forever 21, Asos, etc.
Pour les accessoires, je propose principalement des pièces de créateurs made in France sélectionnés avec beaucoup de soin pour la qualité et l’originalité de leur travail. Actuellement, je mets en avant les bijoux Nach qui sont des bijoux en porcelaine faits main.

Bijoux Nach

Le mois prochain, je présenterai également les créations des bijoux Hippie Rock de SOWAT, les tatouages éphémères TEM Tatouages, et les bijoux de tête boho made in St Germain des Prés : Libertie is my Religion. Chaque mois, je mets en avant de nouveaux créateurs français.
Y a-t-il des associations artistiques permanentes ?
Je suis associée depuis le début avec la créatrice Mademoiselle Emilie B qui fait des pochettes sans couture en cuir, très originales et intemporelles made in France. Le cuir provient de France et les teintures sont naturelles. Ces pochettes sont devenues un de mes basiques.

Fonctionnes-tu à la tendance ou au coup de cœur ?
Je suis une grande lectrice de magazines féminins et suis très active sur Pinterest. Toutefois, je ne suis pas les tendances qui ne me plaisent pas.
Dernièrement, j’ai trouvé un créateur de tattoos éphémères que j’adore et j’ai vu que la presse parlait de cette tendance donc cela a confirmé mon envie.
Quels sont tes coups de cœur du moment ?
Les tattoos éphémères colorés, les bijoux Nach et le look bal-skirt : une grande jupe de bal avec un petit Crop Top, mon look fétiche du moment.
Quels sont les projets de Caravan shop ?
Développer l’activité évènementielle avec un camion qui peut aussi se transformer en show-room itinérant. J’organise par exemple des tournées Presse, clef en main avec la possibilité de customiser le camion (stickers, personnalisation de l’intérieur, etc) pour présenter des collections aux journalistes en faisant la tournée des grands groupes de presse situés aux abords de Paris (Prisma, Lagardère, Marie-Claire et Mondadori).
A moyen terme, pourquoi pas ouvrir aussi un second camion.
La franchise est prématurée mais je pense à mettre en place une licence d’exploitation.
Un grand merci à Elisa pour son accueil chaleureux, ses pépites fashion qui ont ravi nos garde-robes et le partage de sa belle aventure !
A bientôt pour un prochain épisode de Ma petite entreprise ne connaît pas la crise.
Pour suivre Caravan Shop, rdv sur la page Facebook en cliquant ici et sur le site du Fashion Truck en cliquant là.
 
Si vous avez manqué le premier épisode, n’hésitez pas à découvrir notre rencontre avec les filles du Boudoir des Cocottes.
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